Petite histoire de la fontaine du Dinvès

POULLAN SUR MER

Petite histoire de la fontaine de Dinvès

Un groupe d’amis de Douarnenez et du Cap Sizun explorent ce lieu-dit à l’extrémité occidentale d’une voie romaine bordée de murs imposants formant des enceintes. Celles-ci les intriguent fortement, mais elles ne sont pas documentées et aucun organisme officiel ne s’y intéresse malgré plusieurs contacts.

Une personne âgée des environs leur signala, en contre bas, au sud-est, l’existence d’un lavoir est d’une fontaine curieusement surmontée d’une « gargouille ». Sous les ronces et le taillis, elle fut difficile à retrouver.

Effectivement, sur son faîte était allongé un animal fabuleux qui fut surnommé le dragon. Le groupe décida de revenir, pour nettoyer la fontaine et la photographier.

Le jour convenu, ils furent accueillis par un propriétaire hostile. Après négociations, il fut possible de s’occuper de la fontaine et d’en prendre des photos.

Dinvès

A l’automne 2014, ils retournèrent sur le site pour le montrer à un ami qui rejoignait leur groupe et là surprise plus de fontaine ni de lavoir.

Toujours sans réponse des organismes officiels ils recherchent sur le net et tombent sur le site que j’ai mis en ligne depuis maintenant cinq ans. Ils m’envoient des photos et voilà notre curiosité piquée par cette fontaine atypique selon eux. La restitution de la fontaine à ce jour, ne fait pas l’objet d’un programme de réhabilitation. Combien comme elle sont ainsi tombées dans l’oubli.

Alors rassemblons les éléments en notre possession.

Reconstitution et hypothèses

        Ce hameau de Poullan sur Mer, longé par la voie romaine, se trouve à la limite des
   communes de Pouldergat et de Douarnenez( Pouldavid) à l’est de la D785. 
              Il n’est pas loin de sites antiques, dont certains laténiens. 
Le nom du lieu-dit est Dinvès, qui signifie « mont tombe ». On y signale l'existence de 
               souterrains et selon certains des sacs d’or y seraient cachés.

Douarnenez n’est pas loin de l’autre extrémité de la voie romaine, à Lanriec. Dans la cour d’une ferme de ce village est conservé un autel gallo-romain anépigraphique, en bon état, trouvé dans les environs immédiats de Dinvès.

Au-delà de Lanriec, la prolongation de la vie romaine conduisait à Trégouzel et au grand temple qui y fut édifié.

Un peu plus bas que la fontaine il y a une zone marécageuse partiellement drainée aujourd’hui.  Un petit nombre de fontaines se trouvent à proximité d’établissements romains. Aucun recensement n’en n’a jamais été fait. Voici donc notre fontaine située.

Un document émanant de la Mairie de Poullan datée de 2002 nous donne une description du bâtiment ; Elle est extraite d’un recensement des lavoirs et fontaines de Poullan établi en 1987. « Propriété privée. La fontaine du Dinvez  figure à l’inventaire fait par la commune de Poullan il y a 15 ans. Voici la description qui en était faite : « Fontaine en mur pignon réalisée en pierre de taille. Petite niche en plein cintre. Deux contreforts bordent le bassin. La pierre faîtière représente un animal mythique. Le lavoir est de forme arrondi. Cette fontaine et son lavoir bordaient auparavant un étang avec une île au milieu. Elle est en bon état mais mal entretenue. »

Que représente la pierre faîtière. L’animal mythique en question n’a pas été déterminé, mais il y aurait du dragon ou de la salamandre que cela n’auraient rien d’étonnant. La  question qui se pose, pourquoi ? Le dragon est bien présent en Bretagne jusque sur les églises et chapelles qui parsèment notre territoire du Finistère.  Le marais ici, n’est plus qu’un souvenir. Mais la forme empreinte dans la pierre faîtière ne nous renverrait elle pas à nos origines ?

dinvès3

La plupart des fontaines bretonnes datent du XIV e et on ne sait rien des constructions qui les auraient précédées.  Il n’y a pratiquement aucun écrit sur ces fontaines quand elles ne dépendent pas d’un édifice religieux. C’est le cas de la fontaine du Dinvez. Pourtant je considère, et cela n’engage que moi, que cette fontaine est une fontaine sacrée. Mais ici la récupération catholique d’un culte antérieur païen ne s’est pas faite par l’apposition une croix, ou d’une niche pour un saint. Bien au contraire nous y trouvons ce que nous appellerons un dragon.

« La fontaine n’est jamais un objet quelconque, ni un point de repère. Elle est étroitement liée à la vie du village ». Notre fontaine n’est plus le support des croyances originelles, mais que nous dit le dragon ? Sa représentation n’est jamais vide de sens ni purement décorative. « Les sources étaient contenues, rendues utiles et comme exorcisées par leur transformation en fontaines ».  Bien ce monstre aquatique évoque symboliquement le danger des eaux, ici il défend la source.

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Revenons à notre marais. « Dangereux, glauque, mouvant, le marais est un monde incontrôlable qui engloutit, aspire, suce les hommes comme le bétail. » « Il est chargé d’ondes négatives, il évoque la mort. »

Placé sur la fontaine le dragon apporte toute son aide pour contrecarrer ces dangers. Sa valeur symbolique est ambiguë ici. Garde t’il la source ou menace t’il les passants ?

Les photos sont du groupe découvreur de la fontaine.

 

 

Vous avez dit Pistigou !

POULDREUZIC

Fontaine de Pistigou ou de kervoden

Sur la D2 en direction de Plozevet.

 pouldreuzic pistigou

Au hameau de Kervoden, il faut prendre le chemin parallèle à la route. La fontaine est indiquée.

Cette source est unique en Bretagne. Son culte est sans aucun doute très ancien. Il n’ y  a jamais eu de chapelle dans les environs. Pour autant une Vierge trône dans la fontaine et renforce ainsi son caractère sacré.

Elle guérissait les maux de tête et par extension les maux du foie.

De pays en pays.

   *

  Le Finistère compte donc 16 pays traditionnels, c’est le département qui comporte en outre le plus grand nombre de fontaines. Leur nombre précis est inconnu. Le Léon et la Cornouaille n’en n’ont pas moins de 1500 à 2000, soit une moyenne de 4 à 5 par commune. Les pratiques remarquées sont intimement liée au pays, à la tradition. 

carte finistère

Les communes du pays de l’Aven :

Arzano- Bannalec- Baye-Benodet-Clohars Carnoët-Clohars Fouesnant-Concarneau-Elliant-Forêt Fouesnant (La)-Fouesnant-Gouesnach-Guilligomarch-Locunolé-Melgven-Moëlan sur Mer-Nevez-Pleuven-Pont Aven Nizon-Querrien-Quimperlé-Rédéné-Riec sur Belon-Rosporden Kernevel-Scaër-Saint Evarzec-Saint Thurien-Saint Yvi-Tourc’h-Tregunc-Tremeven-Trevoux (le).

Riec sur Belon

Les communes du pays Bigouden :

Combrit-Guiler sur Goyen- Guilvinec (le)-le Tudy-Landudec-Loctudy-Penmarc’h-Peumerit-Plobannalec Lesconil-Plogastel saint Germain-Plomeur-Plonéour Lanvern-Plovan-Plozevet-Pont l’Abbé-Ploudreuzic-Saint jean Trolimon-Treffiagat-Treguennec-Tremeoc-Treogat.

Plomeur

Les communes du pays Glazic :

Briec de l’Odet-Cast-Coray-Edern-Ergué Gabéric-Gourlizon-Guengat-Juc’h (le)Kerlaz-Landrevarzec-Landudal-Langolen-Leuhan-Locronan-Ploeven-Plogonnec-Plomelin-Plomodiern-Ploneïs-Plonevre-Porzay-Pluguffan-Quemeneven-Quimper-Saint Nic-Tregourez.

Plomodiern

Les communes du pays Pen Sardin :

Confort Meilars-Douarnenez-Mahalon-Pouldergat-Poullan sur Mer.

 Les communes du pays du Cap Sizun :

Audierne-Beuzec cap Sizun-Cleden Cap Sizun-Esquibien-Goulien-Plogoff-Plouhinec-Pont Croix- Primelin-Sein.

 Cleden Cap Sizun

Les communes du pays Dardoup :

Châteauneuf du Faou-Collorec-Laz-Plonevez-du Faou-Saint Goazec- Saint Thois.

Chatauneuf du faou

Les communes du Poher :

Berrien-Bohars-Bolazec-Botmeur-Brennilis-Carhaix-Cleden Poher-Feuillée (La)-Huelgoat-Kergloff-Landeleau-Locmaria Berrien-Motref-Plounevezel-Plouyé-Poullaouen-Scrignac-Spezet-Saint Hernin.

Plouyé

Les communes du Pays Bidar :

Brasparts-Cloître Pleyben (Le)-Lannedern-Lennon-Loqueffret-Pleyben.

Brasparts font St Tugen

Les communes du Pays Rouzig :

Argol-Châteaulin-Dineault-Faou (Le)- Gouezec-Landevennec-Lorerec-Lothey-Pont de Buis les Quimerc’h-Port Launay-Rosnoën-St Coulitz-St Rivoal-St Segal-Tregarvan.

Pont de Buis les Quimerch font St Léger

Les communes du Pays de Crozon :

Camaret sur Mer-Crozon-Lanvéoc-Roscanvel-Telgruc.

Crozon

Les communes du Pays Kernevodez :

Daoulas-Dirinon-Hanvec-Hôpital Camphrout(L’)-Irvillac-Logonna Daoulas-St Eloy-St Urbain.

Daoulas

Les communes du Pays Plougastel :

Loperhet-Plougastel Daoulas.

Plougastel Daoulas

Les communes du Bas Léon :

Bohars-Bourg Blanc-Brélès-Coat Meal- Conquet (Le)-Forest Landerneau (la)-Gouesnou-Guilers-Guipavas-Guipronvel-Kersaint Plabennec-Lampaul Plouarzel-Lampaul Ploudalmezeau-Landeda-Landunvez-Lanildut-Lannilis-Lanrivoaré-Locmaria Plouzané-Milizac-Molène-Ouessant-Plabennec-Plouarzel-Ploudalmezeau-Plougonvelin-Plouguin-Plomopguer-Plourin Ploudalmezeau-Plouvien-Plouzané-Porspoder-Relecq Kerhuon (Le)-St Divy-St Pabu–St Renan-St Thonan-Trebabu-Treglonou-Treouergat.

Landunvez

Les communes du Haut Léon :

Bodilis-Carantec-Cleder-Cloître st Thegonnec (Le)-Commana-Drennec (Le)-Folgoët (Le)-Guiclan-Guimiliau-Lanarvily-Landerneau-Landivisiau-Lanhouarneau-Lanneufret-Lesneven-Loc Brevalaire-Loc Eguiner- Loc Eguiner st Thegonnec-Locmelar-Locquenolé-Martyre (La)-Mespaul-Pencran-Pleyber Christ-Ploudaniel-Ploudiry-Plouedern-Plouenan-Plouesca-Plougar-Plougoulm-Plougourvest-Plouneour Menez-Plouneventer-Plounevez Lochrist-Plouvorn-Plouzevedé-Roscoff-Santec-Sibiril-Sizun-St Derrien-St Martin des Champs-St Méen-St Pol de Léon-St Sauv eur-St Servais-St Thegonnec-St Vougay-Ste Sève-Taulé-Treflaouenan-Treflevenez-Treflez-Tregarantec-Trehou (Le)-Tremaouezan-Trézilidé.

Commana

Les communes du Pays Pagan :

Brignogan Plage-Goulven-Guisseny-Kerlouan-Kernilis-Kernoues-Plouguerneau-Plouider-Plouneour Trez- St Frégant.

Plouguerneau

Les communes du Pays du BasTrégor :

Botsorel-Garlan-Guerlesquin-Guimaëc-Lanmeur-Lanneanou-Locquirec-Morlaix-Plouegat Guerant-Plougat Moysan-Plouezoc’h-Plougasnou-Plougonven-Plouigneau-Plourin les Morlaix-Ponthou (Le)-Roche Maurice (La)-St Jean du Doigt. 

Morlaix

  La fontaine de dévotion est en générale située à proximité d’un lieu de culte. En Bretagne presque toutes les fontaines sacrées sont des fontaines de guérison, mais pas seulement. Certaines font des révélations, des oracles, d’autres font des prédictions. Dans tous les cas sources et fontaines sont des objet de vénération dès les cultes païens les plus anciens.

 L’église préférera sanctifier ces sources. Ainsi donc en plaçant les fontaines sous l’invocation des « saints », le christianisme n’a fait que

 « déguiser les croyances antiques et sanctifier des habitudes païennes. » (R.Le Deunff) 

     Les fontaines profanes ou domestiques peuvent être attenantes à un  lavoir. Elles sont proches des hameaux. Elles servent à des tâches multiples, lavage du linge, abreuvage des bêtes, remplissage des seaux pour l’usage domestique. Parfois le profane et le sacré se côtoient. La fontaine est alors sous le vocable d’un saint et est dotée de pouvoirs, quant au lavoir il est à usage domestique. 

 

    D’une fontaine à l’autre les maladies traitées sont différentes. D’une fontaine à l’autre les rites observés sont différents.

Toul an Dour.

LANDEDA

 Fontaine du Broënnou.

Au bourg de Landéda il faut prendre la direction des dunes de Sainte Marguerite, puis celle du camping des Dunes. Le marais est indiqué.

 La Fontaine est aujourd’hui dans la grêve. On l’appelle aussi la fontaine Blanche. Elle se trouve dans les marais de Toul-An-Dour. Des grains de quartz blansc remontent, entraînés par le jaillissement de l’eau. Ce phénomène la classe dans la catégorie des « sources blanches » qui avaient un caractère sacré plus marqué pour les anciens celtes. La couleur blanche était alors synonyme de « sacré ».

Toul an Dour. dans Fontaine de dévotion 141-Landeda-font-du-Brouënou-300x200

L’eau  » y bout » en permanence.  Elle se déverse dans un lavoir qui était très fréquentée.

« Vers le Ve siècle, Tavayoc (ou EVELDOC ) venant de Grande-Bretagne s’y établit. Le lieu devait alors être consacré à un culte païen (fontaine, aujourd’hui dans la grève, pierres phalliques) consacré à ANA la déesse de la fertilité, mère des dieux celtes. La christianisation du site fut marquée par l’édification d’une chapelle et l’homonymie aidant, ANA devint ANNE ».

Au Créac’h.

OUESSANT

Fontaine de Stankou

On la trouve dans la proximité immédiate du phare du Créac’h, à la limite du pré et de la roche du rivage.  

« À l’ouest du sémaphore du Créac’h, l’herbe rase s’en va en pente douce jusqu’aux roseaux. L’un des vocables les plus fréquents de l’île est bien ce mot, Korz, le roseau. La plante emplit les vallées au cours ralenti. Un gué est là qui laisse passer. Qu’est-il de plus beau et de plus inquiétant qu’un gué en Bretagne ? Toute métamorphose peut surgir dès le passage. Mais pour ce, il est nécessaire de le franchir en se laissant porter par un indicible qui se révèlera plus tard, beaucoup plus tard peut-être.Tous les héros, même ceux qui n’ont pas de nom glorieux, ont un jour franchi le gué. Non loin du gué, dans la proximité immédiate du phare, se trouve, à la limite du pré et de la roche du rivage, la source du Stankou, simple trou maçonné, dont la réputation cependant est grande. La légende affirme que l’eau de la fontaine vient des Monts d’Arrez, sur le continent. Ainsi sont réunis deux lieux forts en spiritualité, liés par l’eau afin que la Vie perdure depuis l’éternité. Ce mythe fut conté sans emphase. L’eau du dessous de la terre remonte inlassablement vers les fontaines. Cet élément liquide et sacré porte toute la Bretagne armoricaine qui se trouve être un grand bateau ». (Maï Sous Dantec)

Cette fontaine est en fait un trou dans les rochers, après le phare du Créac’h sur la droite de suite après la passage du gué. Pour la trouver il faut « savoir » qu’elle est là. Il n’y a aucune indication. Lors de mon  passage à Ouessant je n’ai pas pu  la fixer par l’image. Mais j’y reviendrais.

John de passage à Ouessant m’a transmis la vidéo. Merci à lui.

Difol.

BOURG BLANC

Fontaine de saint Urfold.

Elle est situé à un kilomètre au Nord-Ouest de l’agglomération, sur la route de Coat-Méal. La chapelle est indiquée, la fontaine se trouve non loin en prenant le chemin qui descend, elle est dans une prairie.

« La fontaine faisait partie de la ferme, nous allions à l’époque chercher notre eau pour notre consommation car nous n’avions pas l’eau courante et ma famille lavait son linge au lavoir, je peux aussi vous dire qu’il y avait une statue à la fontaine qui a été volée dans les années je pense, entre 1965 et 1970″. Y THOMAS

Cet édifice est de forme  rare, voire inconnue dans le Finistère. Le bassin a une forme parallélépipède droit. La pierre du fond a en son centre un trou pour l’œil de la fontaine. Le saint n’y est plus. L’eau servait aux gens du voisinage pour tous leurs usages. On en buvait, et, du bassin, l’eau tombait dans le lavoir.

Difol. dans Fontaine magique et opérative Bourblanc-font-St-Urfold

Concernant la fontaine seule, sa fonction reconnue par les anciens consultés n’était autre que divinatoire. Pour savoir si un célibataire allait se marier dans l’année, on utilisait une épingle qui venait d’un costume traditionnel des femmes. Fréquemment encore on jetait des pièces dans la fontaine.

Fondateur de la paroisse, voici l’ histoire du Saint.
D’après la tradition, il serait né à Landouzan sur la commune du Drennec vers le 6e siècle et aurait été formé à la vie religieuse au monastère d’Ack. Sa mère Rivanone était la soeur de Saint Rivoaré qui a donné son nom à la paroisse voisine Lanrivoaré. Saint Urfold était l’oncle de Saint Hervé, honoré à Lanhouarneau. Il vécut en solitaire, au VIe siècle, dans cette forêt de Dunan(du breton Doun : profond) qui s’étendait de Saint Renan à Plouvien et qui fut décimé, entre autres, pour construire à Brest la flotte de Louis XI. C’’était un personnage d’une rare sainteté, un ermite qui vivait à l’écart  de la société et de sa famille dans une intention de pénitence et de contemplation. 

Bourg-Blanc-font-st-Urfold-200x300 dans Fontaine marieuse

La fontaine fait partie d’un ensemble sacré où la tradition place l’ermitage de « Saint Difol ». Ce Saint aurait fait jaillir la source. C’est un personnage secondaire dans l’épopée de la fondation de la Bretagne.

Fontaine des Carmes.

MORLAIX

Fontaines Notre Dame des Fontaines.

Les deux fontaines monumentales des Carmes se trouvent sur les hauteurs de la ville de Morlaix. Derrière l’église Sainte-Melaine, prendre la venelle aux Prêtres puis la venelle Auguste Ropars, l’escalier des Ursulines et la rue Sainte-Marthe.  Reste d’une ancienne chapelle du XVIIème siècle, ce mur est très riche en ornements : à sa base, deux arcades en plein cintre abritent les bassins autrefois remplis d’eau sacrée ; au-dessus, se développe un large fenestrage composé de quadrilabes inscrits dans des cercles et coiffés par des arcatures sous un arc brisé ; à la partie supérieure, sept sextilobes sont inscrits dans une jolie rosace. Enfin signalons qu’une statue en granit de la Vierge, placée dans une arcature, domine les bassins.
A proximité des fontaines se trouvent le couvent des Carmélites qui a remplacé au XVIIe siècle la chapelle primitive de Notre-Dame des Fontaines, d’où le nom que l’on donne aussi à cette fontaine » Notre Dame des Fontaines ».

Fontaine des Carmes. dans Fontaine accolée- Morlaix-font-du-Carmel

Fontaines intra muros adossée au mur voûte en plein cintre. Les fontaines sont contre l’entrée du couvent des Carmélites. Ces deux fontaines monumentales sont surmontées d’un mur orné de la fenestration. Au centre du tympan se trouve la statue en kersantite de Notre-Dame.  Adossée à l’édifice, la fontaine des Carmélites aurait été découverte, selon la légende, par l’un des premiers apôtres bretons. (Cl. M. H. 1909)

Fontaine marieuse . les jeunes filles venaient y jeter des épingles pour savoir si leur mariage serait proche.  Les femmes stériles y jetaient des offrandes afin d’être bientôt enceintes. 

morlaix-nd-des-fontaines-300x220 dans Fontaine de dévotion

Notre-Dame de la Fontaine était au Moyen Age un lieu de pèlerinage très fréquenté en raison notamment de la source abondante qui s’y trouvait pour désaltérer les pélerins du Tro Breiz entre Saint-Pol et Tréguier.

Selon l’hagiographie, la fontaine des Carmélites serait l’une des plus ancienne de Bretagne puisqu’elle aurait été dédiée à Notre Dame par Drennalus en 72 lors de l’évangélisation de la région et de la fondation d’un monastère en ce lieu (S .D)


Sous terre.

LANMEUR

Fontaine saint Mélar. 

  Fontaine intra-muros située  dans la crypte de l’église.

Cette crypte a été construite sur une source sacrée antérieure, probablement à la fin du Xe début XIe siècle.

lanmeur font

Cette fontaine qui ne tarit jamais a suscité de nombreuses croyances.

Les jeunes femmes qui souhaitaient se marier jetaient de la monnaie ainsi qu’une épingle à cheveux à la surface de l’eau. La flottaison de l’ épingle était interprétée comme un bon signe.

Sous terre. dans Fontaine de guérison lanmeur-st-melar-225x300

Son origine druidique se retrouve dans la prophétie qui prévoit qu’un jour, le dimanche de la Trinité, l’eau coulera soudain, coulera si fort que l’église, puis tout le pays seront engloutis. 

Le rite consistait à tremper les deux mains dans le petit bassin creusé dans le roc puis à les agiter au-dessus de la tête pour se protéger des maladies.

Petite histoire de Mélar

saint Melair (Meloir, Mélore, Meilleur, Melar), martyr. Vers 798. Il était le fils de saint Meliau (26 octobre), et petit-fils de Budic-Mur, comte de Cornouailles (partie de la Basse-Bretagne), et fut assassiné, à l’âge de 15 ans, par Rivod, son oncle, homme jaloux, ambitieux et cruel. Lanmeur se glorifie d’avoir été le lieu de la sépulture du corps du martyr aussi bien que le théatre de son supplice. Il y a sous le choeur de l’église paroissiale une crypte qui lui est dédiée et dans laquelle on voit sa statue, qui le représente avec la main droite et le pied gauche coupés.



Eau non potable !

PLONEVEZ PORZAY

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Fontaine Sainte Anne de la Palue  XIXe.

La fontaine monumentale actuelle avec son enclos muré a remplacé celle datée de 1642. Elle est entourée d’un enclos, en contrebas de la route.

Cette fontaine avec un pignon sur le mur d’enclos est surmontée d’un fronton brisé avec un entablement mouluré, pilastre en applique, niche en anse de panier, partie basse avec des ailerons à volutes, bordure de protection du bassin.

La fontaine de 1870 remplace l’édicule de 1642. Elle est l’œuvre de Christophe Kermaïdic. La niche contient deux statues en pierre de sainte Anne et de la Vierge. La niche a été gravement endommagée et la Vierge décapitée par des occupants le 23 janvier 1944

La sainte a fait jaillir cette fontaine qui guérit tous les maux. Aussi pour obtenir des nouvelles des marins partis en mer. C’est une fontaine universelle pour la guérison de tous les maux.

 Malgré la célébrité de son pardon, la fontaine est dégradée et tristement aménagée.Un panneau « eau non potable » y est bien visible.

Eau non potable ! dans Fontaine de guérison Plonevez-la-Palue-211x300
Les pèlerins font trois fois le tour de la chapelle avant de faire leurs ablutions à la fontaine dans l’auge circulaire.

plonevez-p-steannelapalud-300x222 dans Fontaine monumentale-

A la fontaine miraculeuse, les mendiantes pour quelques sous, font le service de l’eau sainte dans des bols de faïence.Les pèlerins venus pieds nus afin d’accomplir un vœux en profitent pour faire quelques ablutions.

 En breton, sainte Anne est surnommée « Mamm gozh ar Vretoned », c’est-à-dire la grand-mère des Bretons. Des légendes la décrivent comme originaire de Plonevez Porzay. Anatole le Braz publie un récit dans laquelle Anne est mariée à un seigneur cruel et jaloux, qui lui interdit d’avoir des enfants. Lorsqu’elle tombe enceinte, il la chasse du château de Moëllien. Son errance avec la petite Marie la conduit à la plage de Tréfuntec où l’attend un ange, près d’une barque. Selon la volonté de Dieu, l’ange l’amène jusqu’en Galilée. Bien des années plus tard,Marie épouse Joseph et devient la mère du Christ. Anne revient en Bretagne pour y finir sa vie dans la prière et distribue ses biens aux pauvres. Toujours selon cette légende, le Christ vient lui rendre visite, accompagné de ses disciples Pierre et Jean, et lui demande sa bénédiction, avant de retourner en Terre Sainte. Son corps aurait disparu après sa mort, mais des pêcheurs auraient retrouvé une statue à son effigie en baie de Douarnenez. Celle-ci, installée près de l’endroit où Jésus avait fait jaillir une source, est devenue le but du plus ancien pèlerinage consacré à Sainte Anne et a pris le nom de Sainte-Anne-la-Palud.

Une autre légende raconte qu’Anne serait une déesse christianisée de la fertilité, mère des dieux d’Irlande.

Oh rage !

CAST

 Fontaine Saint Gildas 17e

 Elle est distante de 1 km 1/2 du bourg, au bord de la vieille route de Châteaulin, et située en pleine montagne, entourée d’un vaste bouquet de hêtres et chênes. Elle est dans une prairie à  200 mètres Nord-Ouest de la chapelle hors du placitre.

« En suivant le sentier au fond de l’enclos, on trouve une source d’eau pure. Vous pouvez vous en approcher  tranquillement, c’est un lieu sacré. Prenez le temps de vous asseoir, et laisser vos pensées se dissoudre. Vous repartirez la tête légère, les idées claires et la joie au cœur. N’oubliez pas de faire une offrande… » (Sur les pas du Roi Marc’h)

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Elle est surmontée d’un édicule assez simple en granit, au milieu duquel est une petite niche gothique trilobée avec la statue du saint. C’est une fontaine sans voûte à mur pignon, avec une niche trilobée avec la statue du saint dans la partie haute et un muret autour du bassin. Curieusement la fontaine est sur la seule zone sèche du site, et produit d’ailleurs fort peu d’eau .

 L’eau de la fontaine située à proximité de la chapelle était autrefois réputée pour guérir de la folie et de la rage. Saint Gildas y était invoqué pour faire tomber la fièvre. Le saint y est aussi invoqué pour toutes les rages y compris les rages de dent.

Cette fontaine témoigne de cultures ancestraux très antérieurs à l’ère chrétienne.

Oh rage ! dans Fontaine de guérison Cast_Saint-Gildas

Gildas était celte. Il naquit vers la fin du Ve siècle en Bretagne insulaire. Très jeune il entreprend un  cycle de brillantes études. A 25 ans Il accède au sacerdoce en pays de Galles. Il va ensuite en Ecosse, puis en Irlande avec Cado et David. Il décide alors de partir pour l’Armorique où il s’établit dans l’île de Houat, mais sa sainteté est vite reconnue et il reçoit du comte de Vannes un terrain à Rhuys. Il y construit un monastère où il demeura dix ans en collectivité. Désirant vivre dans la solitude il s’installe dans une grotte près du Blavet avec son ami Bieuzy. C’est là qu’il intervint en faveur de Tréphine que son mari Conomor, roi de Domnomée avait décapitée. Il lui rendit la vie. Il meurt à l’île de Houat en 570.

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